Suite aux différentes réunions publiques et informations disponibles en ligne, l’association ‘‘Metz à
Vélo’’ s’est attachée à faire ressortir dans ce document les différents points pouvant poser des
problèmes ou des risques pour la circulation à vélo le long de la ligne Mettis C.

Danger mortel : interruption de la piste cyclable au pont Franiatte

 

La continuité des itinéraires cyclables est l’élément clef pour la sécurité et le confort des cyclistes. Des

pistes cyclables présentant des interruptions, des discontinuités ou des dangers découragent de
nombreuses personnes qui seraient susceptibles de les emprunter.

Le projet actuel prévoit une voie centrale réservée au bus et une voie automobile de chaque côté.
Piétons et cyclistes devront partagés un espace très contraint (voir photo) jusqu’ à ce que soit
construite une infrastructure appropriée. Dans ces conditions, il reste les 2 solutions suivantes pour
les cyclistes

1. Retour des cyclistes sur la voie de circulation automobile

Si un cycliste pressé (exemple : un livreur de pizza) retourne brusquement de la piste cyclable sur la
voie où la circulation automobile est intense, il y a un risque d’accident grave. Le conducteur peut être
distrait et surpris au dernier moment par cette irruption d’un cycliste. Le risque est avéré car la vitesse
des automobilistes est élevée du fait d’un environnement dégagé et large (il suffit de se rendre
aujourd’hui sur le terrain pour le constater de visu). Or, même si la configuration va évoluer, cette
perception restera toujours d’actualité, l’attention des conducteurs avant le passage du pont sera très
probablement relâchée.

 

De plus, cet itinéraire sera utilisé par des groupes d’écoliers ou de lycéens. Dans ce cas l’effet de
groupe est un risque supplémentaire important : il arrive très souvent que les « suivants » dans le
groupe suivent en confiance sans vérifier au préalable si leur sécurité est assurée.

 

Si le projet de conserver les 2 voies de circulation automobile en latéral et une voie bus centrale est
conservé, il ne sera pas possible non plus aux automobilistes de dépasser un cycliste dans des
conditions de sécurité normale. Cette situation forcera alors chaque automobiliste :


▪ soit à rester derrière le cycliste et réduire son allure. Ce qui générera inévitablement irritation
et énervement de la part des conducteurs (on peut déjà le constater aujourd’hui par exemple
sur l’axe de l’avenue de Strasbourg).


▪ Soit, et c’est pire, à tenter de dépasser le cycliste en le frôlant (exemple : lors de la montée de
l’avenue de Strasbourg encore !).
Dans les 2 cas la situation pour les cyclistes est très inconfortable voire très risquée.

2. Descendre de son vélo pour emprunter le trottoir piéton à pied

Forcer les cyclistes à descendre de leur vélo pour marcher sur plus de 50 m provoque une rupture
importante dans la continuité du déplacement et réduit fortement l’avantage du vélo. D’autant plus
que des cyclistes peuvent envisager des déplacements sur plusieurs kilomètres sur cet itinéraire si
la voie cyclable est bien aménagée (sur tout le parcours sans discontinuité).

 

De plus, à moins de poster des policiers en permanence à cet endroit, la plupart des cyclistes
poursuivront leur trajet à vélo sur le trottoir ce qui générera des conflits piétons-cyclistes. Le
raisonnement du cycliste sera, sans doute, le suivant : « entre risquer ma vie (et le risque est majeur
lors d’une collision avec une voiture ou, pire, avec un poids lourd) et gêner un peu les piétons, je
prends cette deuxième option pour ma sécurité ».

 

Cette discontinuité cyclable est donc fortement préjudiciable et dangereuse pour les cyclistes. Il est
impératif d’étudier une autre solution dès la mise en œuvre de la ligne. Il serait dommage de créer
un itinéraire cyclable tout le long du parcours avec une telle rupture et avec une circulation automobile intense.

 

Dans la configuration présentée dans le projet mis en consultation public, un accident grave, voire
mortel, est probable sur le long terme (cf. Pont de Moulins, passage des bretelles donnant vers
l’autoroute).

 

Et finalement, cette discontinuité va décourager beaucoup de personnes qui auraient pu utiliser le
vélo. Pour eux, l’itinéraire présente des risques et ils sont conscients que passer à vélo sur le pont
crée des situations gênantes soit pour les piétons, soit pour les automobilistes. De plus, les parents
hésiteront à laisser leur enfant aller à vélo à l’école.

 

Or, l’objectif dans le PDU de l’Eurométropole de Metz est d’augmenter la part modale du vélo,
mode de transport à part entière (cf. avis de Metz à vélo sur le PDU)

 

Extrait du dossier envoyé le 30 janvier à l’Eurométropole de Metz, dans le cadre de la phase de consultation préalable du 18 novembre 2021 au 31 janvier 2022

 

Retrouvez le dossier complet avec les recommandations du CEREMA pour la conception des pistes cyclables

 

Photo du Républicain Lorrain /Maury GOLINI